30.10.2011

Amahoro (=Bonjour) Burundi


Après une journée briefing et retrouvailles des potes du PPD (préparation au départ) et de l’IMT (Institut de médecine tropicale d’Anvers) à Bruxelles, me voici prête pour un vol de 8h direction Burundi ce Mercredi 26 octobre.
Arrivée nocturne au petit aéroport international de Bujumbura, capitale du Burundi.. Accueillie chaleureusement par un chauffeur MSF, qui, ni une ni deux, me conduit au chef de mission et au coordinateur médical pour un briefing express car mon départ pour Gitega est prévu dès le lendemain matin aux aurores.
Rencontre avec mes colocs d’une nuit en arrivant au logement MSF : le Coordinateur logistique et le Coordinateur admin-finances me souhaitent la bienvenue eux aussi au Burundi.
A peine le temps de poser les affaires que je dois repartir le lendemain pour Gitega où je serai basée, mais là plus particulièrement à Karusi où se déroule un dépistage des femmes fistulisées par MSF.
En route , collée serrée entre le chauffeur et un infirmier engagé spécialement pour cette journée dépistage, je m’émerveille des paysages verdoyants et montagneux du pays. Sublime contraste de vert et de rouge ( sol latéritique ?) et profusion de fruits et légumes que les gens portent sur leur tête ou chargent abondamment sur leur vélo.
Je profite de ces 4h de route pour discuter avec l’infirmier du programme fistule auquel il participe depuis peu et aussi pour piquer un petit roupillon puisque la nuit a été courte.
Arrivés à l’hôpital régional de Karusi, je suis déjà frappée par l’ambiance colorée des lieux : cette terre rouge omniprésente, ces femmes en pagnes de couleur vive, ces immenses parapluies bariolés qui abritent les burundais de la pluie mais aussi du soleil.
La muzungu (=blanche) que je suis fait très vite connaissance avec ma collègue muzungu que je vais remplacer. Première découverte du projet fistules au travers de cette journée dépistage. Le versant humaniste est déjà omniprésent puisque ces femmes ont répondu à l’appel afin de trouver la lumière au bout du tunnel.
Rappelons que la fistule est une communication anormale entre le vagin ou utérus et la vessie et/ou le rectum suite à un travail d'accouchement prolongé. Cette maladie touche principalement les femmes isolées, pauvres n’ayant pas un moyen d’accès rapide aux centres de santé. Cette pathologie provoque des fuites urinaires ou de selles incontrôlées par le vagin ayant pour conséquences le plus souvent un repli sur soi, de la honte, un isolement social (rejet du mari et/ou de la famille et/ou de la communauté) du fait que la plupart sont constamment « mouillées » et sentent l’urine.
La fistule est d’ailleurs traduite en kirundi (langue la plus parlée au Burundi puis vient le swahili et le français) comme la « maladie de l’arrière coure », ce qui en dit long.
Je rencontre également le chirurgien présent qui permet à ces femmes de retrouver une dignité en leur proposant une intervention, le médecin local formé et 2 des mes collègues nationaux avec qui je vais travailler en étroite collaboration : un promoteur de la santé et une assistante sociale.
Une pluie battante vient altérer le cours du dépistage mais finalement des enfants venus se réfugier sous le préau de l’hôpital commencent à chanter guidés par le promoteur de santé. Une ambiance festive gagne toute l’équipe ainsi que les femmes qui attendent. Les 2 muzungu entament des danses sous les yeux ahuris et rieurs des petits burundais des collines.
Le dépistage se termine et c’est déjà un chouette moment de partager avec la population. J’ai conscience de ce priviliège !
Retour à l’hôpital régional de Gitega où se trouve le centre Umururi de prise en charge des fistules. Rencontre avec le reste de l’équipe et notamment de ma responsable terrain (RT) et de la 2è assistante sociale avec qui je vais directement travailler.
Visite du centre et passation des fonctions occupent la majorité de mon temps.
Ma collègue infirmière s’en allant, une fête de départ est organisée dans un des logement le vendredi soir.
C’est l’occasion de rencontrer tous le personnel du centre Urumuri et plus encore.
Après des discours très solennels et limite chialoux, le temps de la danse est venu et c’est dans un élan commun que tout le monde vient enflammer le dancefloor.
Encore un moment de franche convivialité auquel j’assiste mais j’ai conscience que je suis encore privilégiée de participer à un tel moment de partage.
Le week-end se déroule au rythme de la passation, des petits restos sympas (et propres) et du repos car ce n’est pas le tout mais mardi j’ai les clefs en main et je dois déjà prévoir d’organiser un dépistage et de joindre les radios locales pour des futurs communiqués de sensibilisation.
Afaires à suivre….

Commentaires

Kaoha Claire!
Ravie de suivre cette nouvelle aventure sur ton blog!
J'ai hate de lire la suite, ta mission me touche particulierement car je me dis que ce sont aux sages femmes de la bas d'eviter les fistules un max!
Bon courage!

Réponse: malheuresuement Claire, il n'y a que 16 sage-femmes sur tout le territoire, ce sont des infirmiers qui travaillent principalement dans les centres de santé et les hôpitaux

Ecrit par : claire | 30.10.2011

Hé ma petite clairette je serai parmi tes lecteurs assidus!! Merci de nous faire partager ton expérience plein de bisous d'encouragement from Marseille!

Ecrit par : Alexia | 30.10.2011

En effet, et pour confirmer ce que tu m'as dis hier soir, je vois que tu as du pain sur la planche. Ce qui est important c'est que cela a l'air de t'emballer.
Bon courage et gros bisous

Ecrit par : monique | 31.10.2011

Hello clairette!
houaou, ça c'est de la mission comme tu en rêvais! je te souhaite une belle mission, pleine de partage et d'apprentissage! et à bientôt au Burundi, j'ai bien l'intention de venir vivre un bout d'Afrique à tes côtés! je t'embrasse

Ecrit par : Marie de Chausey | 31.10.2011

Ben alors !!!!! C'est quoi ce blog sans nouvel article ?????? Eh ben jsuis deçu .... ;-) ! J'espère que tout roule ma choupinette !!!!
Jte kiss jte love !!!!

Ecrit par : Bastien | 17.11.2011

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